Quand les salariés mettent la main à la pâte : SCOP, SCIC

Nous avons tous entendu parler d’entreprises en liquidation, vouées à la fermeture ou à des reprises laissant sur le carreau de nombreux salariés. Pourtant, dans certains cas, les salariés se mobilisent pour garder en vie leur entreprise, préserver leur outils de travail et/ou un savoir-faire spécifique : c’est le cas de « SeaFrance », « Vibel », « Fralib », « Goodyear » ou « Lejaby » dont nous avons tous suivi l’aventure à travers les JT et la presse.

Mais les coopératives ne sont pas là uniquement pour sauver des entreprises en perdition (ces coopératives ne représentent que 15%) ou vouées à des activités sociales non rentables. Elles permettent aussi la transmission d’entreprise après le départ en retraite du dirigeant. Elles sont également une solution face à des investisseurs traditionnels qui recherchent une rentabilité élevée. Enfin, elles permettent aussi d’ancrer les valeurs de l’entreprise au plus profond.

Comme le montre le « Panorama sectoriel des entreprises coopératives et Top 100 » (2014), les coopératives sont viables économiquement et leur nombre progresse.

 Les 23 000 entreprises coopératives représentent aujourd’hui 4,5 % de l’emploi salarié en France (4,4 % en 2010) et leur chiffre d’affaires cumulé a augmenté de 38 milliards d’euros entre 2008 et 2012, avec près de 300 milliards d’euros. 

L’augmentation constante du sociétariat des coopératives, plus de 24 millions de membres en 2012, marque la progression de la reconnaissance et de l’adhésion à la spécificité de notre modèle où la personne prime sur le capital.

Les coopératives, en plus de valoriser le capital humain, répondent aux souhaits de développement économique local des élus puisqu’elles sont caractérisées par un « ancrage territorial fort ».

En 2012 ce sont 76% des sièges sociaux des 100 plus grandes entreprises coopératives qui sont situés en région (75% en 2010) alors que 91 % des sièges sociaux des plus grandes entreprises françaises (90% en 2010) sont établies en Ile-de-France.

Je vous invite également à parcourir le rapport mondial sur les entreprises coopératives si ce sujet vous intéresse (voir la bibliographie/pour aller plus loin).

Une coopérative, c’est quoi ?

C’est avant tout une entreprise commerciale de type SA (société anonyme) ou SARL (société anonyme à responsabilité limitée) qui peut prendre deux formes différentes : la SCOP (société coopérative participative) ou la SCIC (société coopérative d’intérêt collectif).

Principale différence entre les deux : dans les SCOP, seul les salariés peuvent être actionnaires, alors que dans les SCIC le capital est également ouvert aux tiers (clients, usagers, fournisseurs, collectivités, bénévoles, financeurs…).

Une coopérative reste une entreprise !

La reprise ou création en coopérative implique toujours une trésorerie saine, la rentabilité de l’activité, la production d’un service ou bien de consommation de qualité et répondant à l’attente des acheteurs, des clients satisfaits. Une coopérative doit être viable économiquement pour être pérenne. C’est en ce sens, qu’elle reste une entreprise à part entière.

On peut citer quelques exemples réussis de coopératives comme l’imprimerie « Hélio », le cabinet comptable « Syndex » avec près de 400 salariés, la « SMP Baltzer » spécialisée dans la mécanique de précision, « Ply » constructeur de maisons bois,…

Même si les statistiques indiquent que 74% des SCOP vivent au-delà de la troisième année, contre 66% des entreprises, l’expérience des « Atelières » (menée par les ex-Lejaby) montre aussi les limites d’un tel projet.

L’action des pouvoirs publics :

En 2013, le CESE (conseil économique, social et environnemental) souhaitait favoriser la reprise en coopératives par les salariés pour « éviter que des fonds prédateurs ne s’imposent ». Il s’agissait pour cela de créer « statut temporaire de SCOP d’amorçage qui permettrait un portage temporaire ».

La Loi économique, sociale et solidaire (31 juillet 2014), qui a créé ce statut, « vise à encourager un changement d’échelle de l’économie sociale et solidaire dans tous ses aspects, afin de construire avec les entreprises de l’économie sociale et solidaire une stratégie de croissance plus robuste, plus riche en emplois, plus durable et plus juste socialement. » Cette loi a également pour objectif d’élargir la notion d’entreprise sociale et solidaire aux nouvelles formes d’entrepreneuriat.

Une dernière née :

Récemment, le tribunal de commerce à validé la reprise du journal « Nice Matin » par ses salariés via une SCIC. Ce projet est celui qui préserve le plus l’emploi puisqu’il ne prévoit que 159 départs, tous volontaires. Mais il n’aurait certainement pas abouti sans la mobilisation sur internet, l’appel aux dons, l’appui financier de Bernard Tapie, des collectivités locales et des autres partenaires qui ont réussi à mettre sur la table 16 millions d’euros. La coopérative devra maintenant faire ses preuves, mais on lui souhaite « tout le bonheur du monde » comme dit la chanson !

 

Bibliographie / Pour aller plus loin :

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3 commentaires sur “Quand les salariés mettent la main à la pâte : SCOP, SCIC

  1. Plus de 50.000 salariés travaillent aujourd’hui dans des coopératives. Si 277 sociétés coopératives et participatives ont vu le jour en 2014, l’augmentation du nombre de salariés en coopératives est surtout due à la croissance organique des coopératives déjà existantes.
    En effet, ce modèle entrepreneurial florissant affiche un taux de pérennité supérieur aux entreprises françaises: 76% contre 71% sur trois ans.

    Lire l’article : http://www.lefigaro.fr/societes/2015/06/03/20005-20150603ARTFIG00296-plus-de-50000-salaries-travaillent-aujourd-hui-dans-des-cooperatives.php

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  2. Merci de me suivre !
    L’article arrive car je réagis aussi à l’actualité mais je crois vraiment aux entreprises coopératives.
    Je vais consulter attentivement site web d’Axalp !
    Je vous remercie Philip !

    Bonne journée à vous aussi

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  3. Bonjour Cindy,

    Je me suis abonné aujourd’hui à votre blog et déjà un autre vous abordez un autre sujet intéressant sur les coopératives.

    Pour information, je fais partie d’une coopérative d’entrepreneurs salariés depuis 2003 (bureau d’études, formation et consulting. 25 consultants formateurs). Nous aidons notamment des salariés qui souhaitent se lancer à leur compte (au chômage ou non). Ils peuvent tester leur projet chez nous. Personnellement, je les conseille bénévolement sur le plan commercial (« comment se vendre et vendre ses offres de services »). Pour en savoir plus : http://www.axalp.fr.

    Bonne journée.

    Philip

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