Bien travailler ensemble, est-ce une question de génération ?

Avec l’allongement de l’espérance de vie, le recul de l’âge de départ à la retraite, plusieurs générations se côtoient au travail et l’écart d’âge entre les plus jeunes et les plus âgés, augmente. Handicap ou atout pour les entreprises ? Travailler tous ensemble, est-ce impossible ?

« Chaque génération se croit plus intelligente que la précédente et plus sage que la suivante. » George Orwell, écrivain

Génération du « baby-boom », X, Y et désormais Z, quelles caractéristiques ?

La génération du « baby-boom » (1943-1959) a vécu des conflits armés (guerre d’Algérie notamment), des transformations sociétales importantes (libération de la femme et mise en vente de la pilule en 1967, mai 68, abolition de la peine de mort en 1981) et technologiques (premier pas sur la lune, télévision). Attachés aux valeurs de la famille, ils ont vécu à une époque de plein emploi où on avait un emploi « à vie »,   où les salariés respectaient la hiérarchie et avaient un sentiment d’appartenance à l’entreprise fort.

La génération X (1960 – 1976) voit la fin du colonialisme, la chute du mur de Berlin, les deux chocs pétroliers (1973 et 1979), l’épidémie du Sida, la disparition du minitel au profit d’internet. C’est la génération dite « sacrifiée ». Eduquée par des parents « rebelles », instruite (longues études), elle possède un esprit d’indépendance fort. Ayant vécu des désillusions, elle perd la motivation au travail et affiche souvent une vision sceptique, pessimiste et cynique du monde. Cette génération qui a du se battre pour intégrer le monde de l’entreprise, aspire donc a une reconnaissance et à un équilibre entre vie professionnelle et personnelle car elle sait que le travail n’est pas « tout ».

La génération Y (1977-1993) est dite hyperconnectée (smartphone à la main et casque vissé sur les oreilles), désabusée, perdue et se pose beaucoup de questions (Y vient de « why » : pourquoi). Ayant toujours connu la crise, c’est une génération qui cherche sa place dans la société. Au travail, ces trentenaires ont des rapports décomplexés avec leur hiérarchie, cherchent un sens dans leur travail et ont besoin de se sentir impliqués et d’être reconnus. Ils savent qu’ils ne feront pas carrière dans une seule entreprise, que leur vie sera ponctuée de périodes de chômage donc ils portent une grande importance à leur vie sociale et personnelle. Ils ont également une conscience environnementale.

La génération Z est encore plus connectée que la précédente (« elle est tombée dedans quand elle était petite ») et passe son temps sur les nombreux réseaux sociaux. Ces jeunes sont confiants, insouciants, utopistes et peu dociles. Elle sait que les études ne garantissent pas un travail et a un fort esprit d’entreprise (grâce aux possibilités qu’offre le net). Cette génération qui fonctionne par plaisir provoquera un bouleversement managérial quand elle arrivera dans les entreprises.

Tirer parti de l’expérience des seniors et de la jeunesse connectée.

Bien sûr, dans ces courts descriptifs (que vous pouvez approfondir avec toute la littérature présente sur le web) les générations sont (un peu ou très) stéréotypées. Il y a aussi des baby-boomers écolos et à l’aise avec le tutoiement, des quadra passionnés d’informatique, des trentenaires accros à leur smartphone et qui ne lisent leurs romans que sur tablette… et des jeunes sérieux et travailleurs.

Le principal, je pense, c’est « respecter l’identité de tous au sein d’une équipe : chacune des générations étant singulière et aucune étant supérieure à l’autre. Miser sur leur complémentarité pourrait générer aujourd’hui un véritable facteur économique de croissance. » (Elisabeth Lahouze Humbert)

MERYL STREEP as Donna Sheridan in the musical romantic comedy ?Mamma Mia!?
Meryl Streep, une senior dynamique dans « Mamma Mia ! »

Parler vrai (pour installer la confiance), partager la vision stratégique avec les salariés (pour donner du sens au travail), lancer les projets comme des défis (pour motiver et dynamiser les équipes), récompenser les efforts (pour garder la motivation), offrir des possibilités d’évolution (pour fidéliser son personnel et développer le potentiel humain), être flexible dans l’organisation (pour permettre un équilibre entre travail et vie de famille)… ces principes devraient être les bases du nouveau management dont ont besoin les entreprises et les salariés.

La nouvelle génération ose dire et remettre en cause l’ordre établi. Les seniors souvent se taisent car arrivés en fin de carrière, ils estiment que ceci n’est plus leur combat. Mais ils n’en pensent pas moins. Bien travailler ensemble, ce n’est pas une affaire de génération. C’est une question de valeurs, de respect et de management.

Les problèmes de management ne sont pas liés à une génération (X, Y ou Z… je me demande quelle lettre portera la prochaine puisqu’on est à la fin de l’alphabet !). C’est seulement un ajustement nécessaire face à l’évolution de la société. La société évolue, l’entreprise doit évoluer aussi tout comme les modes de management. C’est dans la logique des choses. Mais certains dinosaures résistent…

Quand je lis un article intitulé « N’embauchez plus de génération Y » qui qualifie une génération (environ 21% de la population française) de manipulatrice et donneuse de leçons et prône de rester entre gens qui se ressemblent, cela me laisse sans voix !

Alors que les seniors (50 à 69 ans) représentent le quart de la population active et que l’INSEE prévoit près de 8 millions de départs en retraite entre 2010 et 2020, comment l’entreprise pourrait-elle se passer des nouvelles générations ? Comment opérer le transfert de compétences, de savoir-faire ?

Ces nouvelles générations, sont des salariés mais aussi des consommateurs. Comment conquérir cette nouvelle clientèle si on ne connaît pas ses codes, ses goûts, ses valeurs, ses façons de consommer ?

« L’examen des caractéristiques clés des cohortes générationnelles et la conception de stratégies sur mesure relatives à chacune d’elles peuvent être très efficaces. De fait, les organisations qui ne font pas cet exercice seront désavantagées dans le marché concurrentiel actuel.» (Publication de La Fondation de Psychologie du Canada)

L’entreprise doit s’évertuer à tirer le meilleur parti de tous ses salariés, de ce melting pot de connaissances et d’expériences pour le transformer en performance.

« La nouvelle génération est épouvantable. J’aimerais tellement en faire partie ! »         Oscar Wilde, écrivain

Je vous invite à lire l’article« Garder les seniors en entreprise, c’est souhaitable et possible ! »

Bibliographie / pour aller plus loin :

 

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5 commentaires sur “Bien travailler ensemble, est-ce une question de génération ?

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