Les vrais coûts cachés : où sont-ils ?

Fotolia_atSceneAujourd’hui on ne parle que de ça : le coût du travail. Il serait trop élevé. Il faudrait travailler plus, peut être même revenir sur le principe des 35h… Certes, pour une entreprise, la masse salariale est toujours trop élevée mais s’est-elle penchée sur tous les coûts cachés ?

« Je ne veux pas gagner ma vie, je l’ai » Boris Vian

Les coûts visibles…

Il y a des coûts que les employeurs connaissent bien, c’est celui des arrêts de travail. Outre la prise en charge financière par l’employeur (qui doit régler un complément par rapport aux indemnités versées par la CPAM ou prendre en charge totalement le salaire pour les arrêts de moins de 3 jours comme cela peut être prévu dans certaines conventions collectives) les arrêts désorganisent le travail du service, de l’équipe, il faut trouver un remplaçant, etc.

Le montant des indemnités journalières versées à augmenté de 46,5% en 12 ans ! Passant de 4,3 à 6,3 milliards d’euros entre 2000 et 2011. En tenant compte de la prise en charge des accidents du travail et des maladies professionnelles, les dépenses ont atteint 8,9 milliards d’euros en 2011 (9,343 milliards en tenant compte des salariés agricoles et des indépendants) (Source : Le Monde)

Ce dont on parle moins c’est le coût des TMS (Troubles Musculo-Squelettiques). Les affections les plus fréquentes sont les lombalgies, les douleurs cervicales, articulaires, les tendinites et le syndrome canal carpien.

Les TMS sont la première cause de maladie professionnelle reconnue et leur nombre ne cesse de croître. Ainsi, en 2008, les TMS sont à l’origine de 8,4 millions de journées de travail perdues.

Près de 40 000 nouveaux actifs du régime général ont été indemnisés et plus de 3 000 salariés du régime agricole, ce qui représente 787 millions d’euros pour le régime général et 60 millions pour le régime agricole. (Source : site du gouvernement )

Mais les TMS reconnus comme maladie professionnelle ne représentent qu’une petite partie des TMS… car 34% des salariés disent avoir des problèmes de dos par exemple. (Source : Améli ) D’où l’importance de l’ergonomie des postes de travail, des formations (notamment sur les bonnes postures à prendre pour lever des poids par exemple) et de la prévention.

Savez-vous combien coûte un salarié qui – ayant mal pour réaliser des gestes quotidiens nécessaires à son travail – va les faire moins rapidement, moins bien, prendre plus souvent des pauses, être en arrêt maladie plus souvent, etc ?

Les coûts que l’on ne veut pas voir…

Ensuite, il y a le stress. Les salariés stressés sont irrités, dépressifs, ont des sautes d’humeur… et cela peut aboutir à l’épuisement professionnel ou à d’autres facteurs psychologiques qui provoquent aussi de l’absentéisme. La mobilisation pour la reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle témoigne de la dégradation des conditions de travail et des conséquences du stress sur la santé mentale des salariés.

Selon l’étude Malakoff Médéric de 2012, 69% des salariés estiment que leur travail est nerveusement fatiguant. (Source : La Tribune )

« En France, le coût social du stress (dépenses de soins, celles liées à l’absentéisme, aux cessations d’activité et aux décès prématurés) a été estimé en 2007 entre 2 et 3 milliards d’euros (étude INRS et Arts et Métiers ParisTech). Il s’agit d’une évaluation a minima. En effet, cette étude prend essentiellement en compte le « job strain » ou « situation de travail tendue » (combinaison d’une forte pression et d’une absence d’autonomie dans la réalisation du travail), qui représente moins d’un tiers des situations de travail fortement stressantes. » (Source : INRS )

Quantifiez-vous le manque de concentration, d’engagement d’un salarié stressé et épuisé ?

On sait que 40% des salariés français ont vu leur motivation diminuer en 2013 (baromètre Edenred/Ipsos), que 91% se disent « non engagés » ou « activement désengagés » et que 52% des travailleurs estiment manquer de reconnaissance.

Comment définir l’écart entre le travail d’un salarié motivé et engagé et celui d’un salarié qui ne l’est pas ? Cet écart n’est quantifié par aucun comptable, DRH ou dirigeant, or il est bien réel !

Selon une étude menée par le groupe de protection sociale Apicil et le cabinet de conseil en organisation Mozart Consulting, le mal être au travail coûterait 13 500€ par an et par salarié. (Source : Les Echos )

Le coût de la rigidité organisationnelle…

Avez-vous songé au coût des procédures administratives existantes dans la plupart des entreprises ?

Exemple : les notes de frais : le salarié doit garder toutes les factures, s’il est un peu « tête en l’air » il va les chercher (tout le temps qu’il faudra puisque sinon, il ne sera pas remboursé), ensuite il remplit un formulaire, qu’il transmet à son supérieur, qui lui-même jette en œil et signe, puis cette note de frais remonte alors à la direction ou au service comptable, qui re-vérifie puis procède au paiement. Et ceci, dans l’hypothèse où aucun anomalie n’est détectée … s’il y a un écart de 0,50€ entre les factures et la note de frais aïe !

Idem, pour les bons de commandes. Exemple : un salarié à besoin d’un ouvrage technique pour se mettre à jour sur un sujet. Il remplit un formulaire, explique pourquoi il veut ce livre (et pas un autre qui coûte 5€ de moins), le bon de commande est alors validé par son supérieur, transmis au service « achat » ou autre qui se charge de faire la commande !

Ou encore la pointeuse, devant laquelle les ouvriés attendent l’heure en trépignant pour pouvoir badger et partir en premier !

Savez-vous combien d’heures de travail sont ainsi perdues ?

Nous sommes nombreux à nous insurger contre la « bureaucratie » et la quantité de « paperasserie » lors des démarches administratives… mais il y en a aussi dans les entreprises !

L’organisation interne est également cruciale (je vous invite à lire « L’efficacité organisationnelle »: c’est quoi » et « Une organisation devenue inefficace »).

« Elle peut aussi s’avérer contre-productive : ainsi une réorganisation peut-elle permettre de gagner 15 % sur les coûts de main d’œuvre… mais de perdre 50 % sur les taux de productivité par rapport à la situation antérieure. » (Source : Richard Robert).

« Une étude réalisée en 2001 sur les fusions et acquisitions a montré que, loin de provoquer l’augmentation des profits et la réduction des coûts recherchées par la plupart de ces opérations, 83% de la totalité des fusions et acquisitions ne se sont traduites par aucun bénéfice pour les actionnaires ; pis encore, plus de la moitié ont en réalité détruit de la valeur. » (Source : Liberté & Cie, I. Getz et  B. M.Carney)

Toutes les formes de résistance (voir article « Les résistances au travail »)  doivent aussi être prises en compte.

Quand des salariés traînent des pieds pour appliquer un procès, intégrer un changement,… ça coûte combien à l’entreprise ?

Ces coûts impossibles à comptabiliser, les bénéfices dont l’entreprise s’est privée à cause de clients mécontents car leur commande est arrivée en retard à cause d’un salarié désengagé et démotivé, les occasions manquées, l’inefficacité rampante… voilà les vrais coûts cachés !

« Une analyse intersectorielle – de 2005- a ainsi révélé que 73% des clients qui abandonnaient une entreprise le faisaient à cause de l’indifférence ou de la mauvaise humeur des employés du service clientèle. »

« Une vaste étude consacrée aux dix plus grandes puissances économiques du monde a comparé des entreprises dotées d’un fort engagement des salariés à des établissements où cet engagement était faible. Elle a révélé que, sur une période de trois ans, le premier groupe a vu sa marge d’exploitation augmenter de 3,74% et son bénéfice net de 2,06% en moyenne. Dans le second, ces indices ont baissé respectivement de 2,01 et 1,38% » (Source : Liberté & Cie, I. Getz et B. M. Carney) Pour en savoir plus sur cette étude : http://www.twrcc.co.za/Engaged%20employees%20drive%20the%20bottom%20line.pdf (document en anglais)

Maintenant que vous avez tout ça en tête, à vous de jouer !

Bibliographie / pour aller plus loin :

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2 commentaires sur “Les vrais coûts cachés : où sont-ils ?

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