« La faillite de la pensée managériale » François Dupuy

La faillite de la pensée managériale_F-DupuyLe premier livre de l’auteur – « Lost in management » – ayant reçu le prix du meilleur ouvrage sur le monde du travail en 2012, en découvrant qu’il avait écrit une « suite », j’ai voulu en savoir plus. Je l’ai donc acheté et lu. Si le premier ouvrage fait un constat sur le travail et le management dans les entreprises, le second s’attache à expliquer pourquoi on en est arrivé là.

« La véritable école du commandement est la culture générale. » Charles de Gaulle (1934)

La préoccupation des chefs d’entreprises est d’obtenir que les salariés fassent ce qu’ils ont décidé. C’est la question clé du management et ce, depuis que les premiers théoriciens se sont penchés sur l’organisation du travail il y a un peu plus d’un siècle.

Alors, comment se fait-il que la situation soit devenue aussi inextricable dans les entreprises, allant parfois jusqu’aux suicides médiatisés dans de grandes entreprises, les burn-out, l’explosion du stress et des RPS ? Comment se fait-il que malgré les mesures incitatives pour re-motiver les salariés, ceux-ci soient toujours aussi peu engagés ?

L’auteur s’attaque particulièrement à la paresse intellectuelle et à « l’inculture générale et particulière qui a envahi le monde de l’entreprise ». Selon lui, le manque de recul par rapport à la situation, le défaut d’analyse des problèmes qui conduit à des solutions simplistes et non pertinentes, repose sur le manque de culture général qui favorise la « connaissance ordinaire ». Cette situation serait alimentée par les business schools qui dispensent des enseignements éloignés de la réalité et les cabinets conseil étriqués dans leur business model.

La différence entre la « structure » et l’« organisation » de l’entreprise est mise à profit pour aborder la notion de « pouvoir ». En effet, la structure pyramidale (hiérarchie) cache des jeux de pouvoirs au sein des salariés (pyramide inversée). La détention d’information étant un pouvoir, on comprend aisément pourquoi, la direction, faute d’informations pertinentes n’est pas en mesure de diagnostiquer le problème et définir une solution adéquate. Voilà aussi pourquoi les changements décidés sans tenir compte de la mise en œuvre par les salariés, n’ont souvent pas les effets escomptés.

L’auteur évoque les nombreux mécanismes à l’œuvre (intérêt général, chacun pour soi, grève du zèle, bureaucratie intermédiaire, perte de contrôle, désarroi du chef de projet…) ainsi que des notions médiatisées (esprit d’équipe, culture d’entreprise, valeurs, leadership…) pour nous dévoiler, les coulisses du fonctionnement de l’entreprise.

« Le management n’est pas un manuel de sens commun général ; c’est un ensemble de questions humaines complexes, plurielles. » Ghislain Deslandes

Le livre présente tout de même une lueur d’espoir puisque l’auteur pense que la confiance peut être une des clés pour sortir de l’impasse. Mais cela nécessite des dirigeants, du courage, de l’écoute, de la transparence, de l’éthique… Alors seulement, libérés des contraintes, des processus coercitifs, les salariés, évoluant dans un climat de confiance, pourront s’investir dans leur travail, re-devenir créatifs pour innover.

Même si François Dupuy se refuse à « mettre l’homme au centre » de l’entreprise, pour ma part, j’estime qu’il faut avoir inébranlablement foi en l’Homme, et donc faire de lui la pierre angulaire de l’entreprise, pour espérer un revirement positif de la situation.

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