Profils candidats : demain, tous atypiques ?

statue zèbreLes profils atypiques, les reconvertis et les autodidactes font peur aux employeurs pourtant la polyvalence, la capacité d’adaptation et la motivation sont des qualités appréciées. Alors que les changements de métiers seront de plus en plus courants, alors que les carrières seront de moins en moins linéaires, les offres d’emplois laissent encore peu de place à ces profils. Cependant, les chiffres incitent à penser que demain, la plupart des candidats aura un profil « atypique » (non linéaire).

« Il n’existe rien de constant si ce n’est le changement » Bouddha

Une vie professionnelle faite de changements.

Tout le monde le sait : de nos jours, mener toute sa carrière au sein de la même entreprise est une gageure. D’ailleurs, lors de la table ronde du 6° Forum du Nouveau Monde (2014) portant sur l’avenir du travail, Laurent Solly (DG de Facebook France) a indiqué que les jeunes salariés devraient changer en moyenne 13 fois d’emploi dans leur vie.

Selon une étude canadienne (Workopolis), les travailleurs de la génération X (ceux ayant terminé leurs études en 1992) ont occupé 3,2 emplois au cours des 12 dernières années de travail et chaque emploi a été occupé pendant 3,4 ans en moyenne. Tandis que les salariés de la génération Y (entrée sur le marché du travail en 2002) ont occupé 3,9 emplois d’une durée moyenne de 2,7 ans chacun.

Nul doute que les chiffres peuvent être extrapolés à notre continent et pays. D’ailleurs lors d’un colloque du COE (Conseil d’orientation pour l’emploi), une enquête menée en 2003 a montré que parmi les salariés en emploi en 1998, 29% avaient changé de métier tandis que 21% travaillaient dans un domaine différent.

Une insertion dans le monde du travail difficile pour les jeunes.

Même si les études supérieures restent un rempart contre le chômage, certains jeunes peinent à entrer sur le marché du travail. Nathalie Moncel s’est penchée sur la qualité des emplois occupés par les jeunes diplômés (bac+2 à 5) durant les 3 premières années de leur vie active. Résultats : 25% des emplois sont de « qualité supérieure » (salaire médian d’environ 1700€, plutôt stable et majoritairement en CDI), 45% de qualité « moyenne » et 30% de qualité « médiocre » (salaire médian d’environ 1100€, plutôt instable, pouvant être à temps partiel et majoritairement en CDD).

Logiquement, un salarié insatisfait aura plus tendance à changer d’emploi. C’est ainsi que selon le COE, entre 1998 et 2003, 31% des jeunes entre 20 et 29 ans ont changé de domaine professionnel.

Selon en enquête TNS/Sofres de 2009, 43% étaient en recherche d’un premier emploi et 19% avaient une activité mais cherchaient encore un vrai emploi. Ils étaient 8% à faire un « petit boulot » sans rapport avec l’emploi cherché. Enfin, 80% des jeunes interrogés estiment qu’il est difficile de trouver un emploi correspondant à la formation suivie. L’enquête Génération 2004 confirme ces données et indique que seul 33% des jeunes diplômés connaissent un parcours relativement linéaire, aboutissant à une stabilisation rapide vers un poste en CDI.

Je vous invite à lire les témoignages d’étudiants compilés par Le Monde.

Des reconversions professionnelles courantes.

Cameleon_madagascar-Jean-Louis Vandevivère-Créative CommonsLe baromètre 2014 de la fondation ITG indique que 93% des cadres considèrent comme inéluctables les transitions et les reconversions au cours d’une carrière et 87% anticipent une carrière moins linéaire dans le futur.

Il y a eu près de 1,9 millions de ruptures conventionnelles entre août 2008 et 2015, soit plus de 150 000/an (Source : Le FigaroLe nombre de licenciements (économiques et pour motifs personnels) était de 716 200 en 2010, 671 200 en 2011, 654 000 en 2012 et 672 100 en 2013 selon l’INSEE (inscriptions à Pôle Emploi selon le motif).

Les reconversions professionnelles se font principalement à l’occasion d’une rupture de contrat. Ainsi entre 2004 et 2011, 22,3 % ont eu lieu à la suite d’un licenciement économique ou personnel, 25,3 % à la suite d’une fin de CDD et 34,3 % à la suite d’une démission ou d’une rupture conventionnelle. L’enquête IPSOS/ AFPA de 2012 a montré que 56 % des actifs a déjà changé de métier ou de secteur d’activité au cours de sa carrière.

« Le talent provient de l’originalité, qui est une manière spéciale de penser, de voir, de comprendre et de juger. » Guy de Maupassant

La capacité de ces personnes à rebondir, à se remettre en question, à s’adapter sont des atouts pour les entreprises qui doivent sans cesse évoluer pour répondre aux besoins des clients et s’adapter aux nouveautés technologiques. Espérons que demain, les atypiques pourront se faire une place de choix à côté des moutons à cinq pattes et des clones.

Bibliographie / pour aller plus loin :

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